Dimanche après midi, Paris était sombre et la pluie arrosait généreusement mes « Bensimon » en me baladant dans le Marais avec mon ami Ruellois. Nous avons donc décidé de voir une expo à l’Arsenal de Paris à Sully Morland.
L’Arsenal est dédié aux expositions de l’architecture Parisienne et Française. Ce dimanche là, l’expo concernait le rayonnement des cabinets d’architecture français dans le monde, à travers 85 projets, entre autre des commandes politiques, culturelles ou particulières. L’expo présentait des photos des monuments que les architectes Français ont élaboré pour la première décennie du 21ème siècle ; parfois on pouvait voir la maquette ou même une vidéo de leur construction.
Plusieurs choses ont marqué notre visite.
D’abord l’audace des designs ; entre le Musée d’Archéologie sous marine en Alexandrie par Jacques Rougerie, l’Opéra de Séoul par le célèbre Jean Nouvel, la tour de contrôl hallucinante à Abou Dhabi, le McNay Art Museum par Jean-Paul Viguier et la Elliptic City à la République Dominicaine par le cabinet « Bernard Tschumi urbanistes Architectes », on a été transporté vers une sorte de village martien futuriste aux constructions mêlant simplicité des traits et complexité de la structure. Parfois les spectateurs regardaient les maquettes comme s’ils étaient devant une œuvre Dadaïste où la poussée de l’étonnement est sublimée par l’incompréhension.
Deuxième chose qui m’a captivé est l’avancé des ambitions de ces projets. Une Blue Tower par Bernard Tschumi urbanistes Architectes a New York, un Loste Museum de François Scali en Chine en forme de Chien de 80 mètres à la Jeff Koons, un impressionnant Hôtel Rotana en Jordanie par Architecture-Studio. Bref, tous ces projets nous montraient que l’on est bien dans le 21ème siècle et qu’on est loin d’atteindre le bout de notre imagination.
Mais ce qui m’a frappé le plus c’est le projet de l’Atelier Christian de Portzamparc à Beyrouth proche de la place des martyres intitulé paradoxalement « La Porte de Beyrouth ». Loin de l’audace et du futurisme des autres projets, celui là consiste à couvrir le célèbre cinéma non achevé du Centre ville (devenu symbole de la jeunesse Libanaise) avec un haut bloc dépourvu d’esthétisme dédié à l’habitation et aux commerces (comme s’il en manquait). Pendant que les pays voisins pensent à créer des musées et des tours écologiques, le Liban n’a eu le droit qu’a un sordide édifice d’habitation en flagrant décalage avec les œuvres entreprenantes auxquelles on s’attendait.
Parfois je me demande qui est-ce qui donne le feu vert à la réalisation de telles constructions, est-ce que cela marque la fin du rayonnement de Beyrouth en tant qu’avant-gardiste capitale du Moyen Orient ?
Ralph Mahfoud