Caramel, premier film et premier succès pour la réalisatrice libanaise Nadine Labaké, dépeint l’histoire de cinq femmes libanaises, cinq amies d’âges différents, qui travaillent et se croisent dans un institut de beauté à Beyrouth.
« Dans cet univers typiquement féminin, explique la réalisatrice, ces femmes, qui souffrent de l’hypocrisie d’un système traditionnel oriental face au modernisme occidental, s’entraident dans les problèmes qu’elles rencontrent avec les hommes, l’amour, le mariage, le sexe… Aujourd’hui le Liban apparaît comme un exemple d’ouverture dans cette partie du monde, de libération et d’émancipation. Mais ce n’est pas toujours vrai. Derrière cette façade, nous subissons encore beaucoup de contraintes, la contrainte permanente du regard de l’autre et la hantise du jugement. »
« J’ai fait ce film, ajoute la réalisatrice, parce que je me pose beaucoup de questions sur les femmes libanaises. Obsédées par leur apparence, elles cherchent leur identité entre l’image de la femme occidentale et celle de la femme orientale… La Libanaise a toujours l’impression de voler ses instants de bonheur. Elle doit sans cesse ruser pour vivre comme elle veut. Et quand elle y arrive, elle se sent coupable. On se leurre si on croit qu’elles sont libres. »
Outre l’histoire de cinq femmes libanaises, tiraillées par leurs temps, Caramel est un film plein de charme et de finesse, qui associe au nom de Beyrouth des images de vie et de lumière. C’est une comédie sensible à ne pas rater.