Bientôt dans les salles parisiennes, un film sur le Liban, JE VEUX VOIR, réalisé par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige. Mettant en scène Catherine Deneuve dans un road-movie à travers un Liban dévasté par les événements de juillet 2006, ce film fut sélectionné dans la catégorie "Un certain regard" au 61ème Festival de Cannes.
Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, réalisateurs libanais, vivent et travaillent ensemble. Ils s'intéressent tout particulièrement aux enjeux de l'image dans le monde arabe.
Dès 1990, ils commencent à photographier Beyrouth et immortalisent les vestiges urbains de la guerre. Leur première exposition Beyrouth, fictions urbaines prend place en 1997 à l’Institut de monde arabe de Paris, suivi l’année suivante de Wonder Beyrouth. C’est en 1996, qu’ils réalisent leur court-métrage : Fautes d’identités. Et il ne faut attendre que trois ans pour que sorte leur premier long-métrage, Autour de la maison rose (1999). Ils réalisent également deux documentaires Khiam (2000) du nom d’une prison située dans le sud du Liban et Le film perdu (2003) où ils recherchent l’unique copie d’Autour de la maison rose perdue sur la route du Yémen. Cette même année, ils retournent à la fiction avec Cendres (2003), un nouveau court-métrage.
« Lorsque nous avons réalisé notre premier film, Autour de la maison rose, raconte Khalil Joreige, nous ne savions pas ce qu'étaient un plateau et une équipe technique. Notre formation est plutôt littéraire, et nous avons appris le métier au fur et à mesure, en nous remettant en question à chaque film. Pourquoi ces images ? Pour raconter quoi et comment ? Quand on est seul, on peut toujours se mentir à soi-même. À deux, c'est impossible. Nous discutons beaucoup, et si l'un de nous tient à une idée, il ne l'abandonne pas au profit de l'autre.»
«Nous avons grandi sur un terrain commun et nous avons les mêmes références, précise Joana. Cela ne nous empêche pas d'être très différents et autonomes. J'aime bien le terme de "compagnonnage" en ce qui nous concerne. Nous avançons côte à côte, sur le même chemin, sans qu'il y en ait un qui prenne le pouvoir et sans pour autant fusionner. L'aveuglement ce n'est pas notre truc. Et puis, je ne crois pas que le cinéma ne se fasse qu'à quatre mains. Depuis notre premier film, notre équipe technique est quasiment la même, nos producteurs aussi. Nous sommes une famille. »
«Deux cinéastes, ça peut faire peur, ajoute Khalil. Au tout début, certains voulaient absolument que nous nous répartissions les rôles, mais nous nous y sommes refusés. II n'y eu a pas un qui parle aux acteurs et l'autre qui s'occupe de l’image, ça varie en fonction des scènes et des jours...»
Si le Liban et la guerre sont le fil conducteur de leur cinéma, ils pensent aussi que ce questionnement se déplacera ailleurs. « Ce qui nous intéresse, c'est l'humain, précise Khalil. Ce qui mène l'homme à des "actes de violence, ce qui le fait la contenir… »
Synopsis de JE VEUX VOIR :
Juillet 2006. Une guerre éclate au Liban. Une nouvelle guerre mais pas une de plus, une guerre qui vient briser les espoirs de paix et l’élan de notre génération. Nous ne savons plus quoi écrire, quelles histoires raconter, quelles images montrer. Nous nous demandons : « Que peut le cinéma? ». Cette question, nous décidons de la poser vraiment. Nous partons à Beyrouth avec une « icône », une comédienne qui représente pour nous le cinéma, Catherine Deneuve. Elle va rencontrer notre acteur fétiche, Rabih Mroué. Ensemble, ils parcourent les régions touchées par le conflit. A travers leurs présences, leur rencontre, nous espérons retrouver une beauté que nos yeux ne parviennent plus à voir. Une aventure imprévisible, inattendue commence alors….
By the way, à lire Vincent Josse (animateur du journal culturel quotidien "Esprit Critique" de France Inter) sur son blog le 17 mai dernier :